La Boutique est fermé !

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Voilà une page ce tourne. Je me suis reconverti vers la création de site internet, si cela vous intéresse vous pouvez me contacter via : http://studiosensitive.com/contact/

ou directement au 06 18 31 81 85

A bientôt !

Et si vous voulez en savoir plus sur le pourquoi de ce changement à article écrit il y a quelques temps :

Pourquoi je ne me réveille que maintenant ?

C’est vrai que j’aurais pu écrire sur la non-viabilité de ce projet depuis longtemps. Seulement voilà, déjà il y a un temps pour se rendre compte que ça ne va pas marché. Je pense que me l’avouer et ensuite l’assumer m’a pris bcp de temps. Il n’est pas facile de se dire que 2 ans de rêve, de belles paroles, de suées froides, de rencontres ont menées à … pas grand-chose finalement.

C’est un étrange paradoxe, pour monter une boite il faut beaucoup, beaucoup, beaucoup parler. Rencontrer nombre de gens et en quelques mots les faire rêver et voir ce qui va en advenir. Parler tant, qu’on se fait rêver aussi. Et puis un jour, il faut bien regarder la réalité… ce n’est pas devenu réalité. Cela me l’a rendue plus difficile, j’ai eu le sentiment d’être un beau parleur qui a trompé son monde. Donc j’ai préféré juste ne rien dire… Le temps de comprendre ce qu’y n’avait pas réussi et en faire le bilan. C’est un temps assez long somme toute.

Les étapes d’une fin

Dans mon cas le temps a été surement un peu plus long car je ne me suis jamais payé sur ce projet, donc quelques parts, il n’y avait pas cette échéance de la fin du mois ou il n’est plus possible de payer les salaires qui est un bon signe de non-viabilité. La phase de déni a donc duré jusqu’à la fin de la deuxième année. Puis il y a une vraie étape de deuil, accepter que ce projet auquel je croyais sincèrement, que ma vision d’un monde meilleur ne passerait pas par là, que je n’étais pas l’entrepreneur réussissant sur un first shoot… bref de la tristesse, un peu de honte et de culpabilité envers tous ceux qui avaient pu croire en moi et qui m’avait soutenue en parole ou en achetant.

La nécessité de trouver de quoi vivre m’ayant remis sur les rails. J’ai pris comme locomotive simple de dire oui à tout projet que l’on me proposait et de voir ensuite si cela me plaisait. Quelques part je venais de me lancer dans un projet qui de toute apparence me plaisait : le domaine était celui que j’avais étudié et fantasmé, les idéaux que je voulais incarner était bien les miens et pas ceux d’un autre, j’étais seul maitre à bord (enfin ! ) et pourtant une fois dedans, j’ai du découvrir que je ne m’y plaisais pas tant que ça… j’avais omis de regarder en face l’élément central d’une telle économie, la réalité commerciale quotidienne et incessante de ce boulot…
Au moins j’ai appris cela aujourd’hui, je ne suis pas commercial pour un clou (aussi bio soit-il !) J’ai eu la prétention de croire que je pourrais l’apprendre et me débrouiller, qu’un bon produit se vend tout seul blablabla…

Il m’a donc fallu regarder ça en face pour oser me dire que c’était bien terminé.

Une autre raison qui a planté le clou avant de l’avoir en main…

J’ai suivi une formation pole emploi pour m’aider à lancer ce projet. Je me suis rendu à cette formation avec assiduité et enthousiasme heureux de rencontrer des professionnels de la création d’entreprise… Je n’ai pas vu le gros panneau pourtant évident : leurs business modèles reposent sur l’accompagnement de chômeur envoyé depuis pole emploie (qui soit dit en passant externalise je ne sais pas pourquoi !)

Ils font donc leurs argents sur des subventions publiques littéralement injectées pour faire diminuer les taux du chômage… j’étais un de ces taux qui baissent…

Ils peuvent conseiller suivant des grilles toutes faites et bien pensées, mais ils ne sont en rien sur le terrain. Leurs terrain de jeu est un circuit fermé dont la source est presque intarissable et le client captif.

Et l’erreur majeure a été de croire (même si ça a été un effort surhumain pour moi et des nuits de bon élève qui fait ce qu’on lui demande) à ce sacrosaint bizness plan.

Les t-shirts sont donc sortis à 35€ «pour que vous puissiez vous payer» … sauf que si je ne les vends pas tous pour lancer une nouvelle production… je ne vais jamais me payer… Mon intuition de départ les aurait placés à 24€. il m’aurait alors fallu en vendre surement quelques milliers de plus, mais cela aurais justement était plus facile. Et à postériori je ne me suis de toute façon pas payé pendant 2 ans. 

Bref, 3 mois à aller là-bas au lieu de lancer les productions et réagir en fonction de ce qui se proposé à moi. J’ai continué à suivre ce fameux tarif pendant trop longtemps alors que je voyais bien qu’il était déconnecté de la réalité. Je n’ai pas su m’écouter et également entendre l’avis de bcp de personne qui me l’ont fait remarquer dès le début.
Ces avis extérieurs ont pris forment en moi de manière rigide et ont ainsi enlevés toute agilité…
Et après la fin alors…
Comme je l’ai dit, j’ai eu cette phase où ne pouvant plus projeter sur ce que j’allais aimer faire, j’ai dit oui à tout.

Dès lors un monde s’est ouvert en moi. Ce n’était plus un projet que je portais, mais tout plein de projets qui me portaient. Ainsi je me suis retrouvé dans 1 spectacle de danse contemporaine, j’ai commencé à faire des sites web, de la com’, des ateliers, du chamanisme, être mari et père… Bref j’ai ouvert mon champ de perception et le réel a répondu par d’autant plus de projets variés et stimulants.
Jamais payé, payé mille fois.

Il ne me semble finalement pas juste de dire que je ne me suis pas payé sur ce projet.

Une première chose, j’ai créé le site web, mon premier, un site web marchant… ça m’a pris un temps fou, à lire des forums et parfois emmerdé les quelques potes qui si connaissaient et voulais bien répondre à mes questions débiles !

Mais j’ai réussis, et c’est parce que j’ai réussis a faire ça, qu’un ami m’a demandé de lui faire son site… puis un autre, puis maintenant des dizaines de sites après je peux dire que j’ai appris par nécessité et action. Ce n’était pas une passion, mais au final j’ai plus de liberté créatrice et de relationnel là que je n’en avais en tant que styliste. Donc bien heureux d’avoir pu apprendre sur ce qui pouvait me faire plaisir et m’épanouir par delà les croyances que j’avais sur moi-même.

J’ai quitté la boite pour laquelle je bossais avec un vrai CDI et me suis lancé à mon compte… je ne reviendrais jamais sur ça ! Oh joie, même si après 4 ans, les fins de mois sont toujours incertaines, la richesse est bien réelle.

Libéré

Je me suis débarrassé d’un vieux rêve entêtant… heureusement que je me suis lancé, sinon je l’aurais encore en tête, parfait et assurément le plus beau projet de la terre. Maintenant il a rejoint ladite terre, il n’était pas réaliste, en tout cas comme je l’ai moi-même projeté (fallait bien que je mentionne cette variation du mot le plus utilisé de cet article !) Mais au moins j’en suis libre 

J’ai fait plein de rencontre incroyable, de gens venant d’autres domaines et tentant également de réaliser leurs projets,leurs idéaux… Ça, c’est merveilleux. Un peu cheezy je veux bien le reconnaitre!

J’ai gagné en humilité… j’avais la solution et je savais comment la mettre en oeuvre… ahahah, en faite non ! et c’est cool.

Et puis j’ai nombre de t-shirts bio que j’aime. Je suis rhabillé jusqu’à la fin de ma vie. 

Et pour conclure.

Je dirais que le projet n’a pas vécu, mais que je ne suis pas passé à côté d’une expérience. Ca sonne comme une phrase à la con (elle l’est surement), mais au final c’est bien ce qui ce passe, nous vivons des expériences qui en entraine d’autre, sérendipité vitale trop valorisée et indexée sur le dégrée de réussite de telles ou telles étapes… Ce fut une étape qui m’a avec succès amené à une autre… Et en voilà une autre en écrivant ce billet. C’est surement une conclusion, bien longue et fastidieuse que peu lirons, mais que je m’offre et ose offrir à lire.

C’est toujours une histoire d’oser, oser se planter et pousser.

Encore des milliers de merci à vous qui m’avez aidé, soutenu, rattrapé, encouragé ….